Nunavik

Le concept

Le Nunavik Arctic Express (NAX) est un concept d’avion-cargo à effet de sol, inspiré par l’Ekranoplane russe, qui a fait son premier vol au-dessus de la mer Caspienne en 1966 (voir la vidéo). Cet énorme aéronef à effet de sol pouvait transporter deux fois la charge d’un avion de taille similaire ou utiliser la moitié du carburant.

Origine de l’idée

Il y a quelques années, j’ai regardé quelques épisodes de Ice Road Truckers sur History Channel. On y présente les ‘aventures’ de conducteurs qui conduisent des camions sur des routes saisonnières traversant des lacs gelés et des rivières dans les territoires éloignés de l’Arctique du Canada et de l’Alaska. Inutile de souligner que ce travail est dangereux, surtout à l’automne ou au printemps lorsque la glace peut céder à tout moment. C’est lors du visionnement de ces épisodes que j’ai commencé à penser au concept du Nunavik.

En 2010, l’Océan Arctique est officiellement devenu une route commerciale viable lorsque le passage du Nord-Ouest a été ouvert. Dans les années à venir, il y aura de plus en plus d’activité dans le Nord, et donc plus d’intérêt pour des appareils capables de transporter des marchandises entre les villages, les bases de l’Arctique, les sites d’exploitation minière et les zones de forage. Les gouvernements devront aussi s’équiper d’avions pour patrouiller leurs frontières, effectuer des missions de recherche et de sauvetage et procéder à des manœuvres militaires. Cela signifie qu’il y a de bonnes chances qu’un nouveau marché s’ouvre pour de nouveaux aéronefs comme le Nunavik.

Fonctionnement

Le Nunavik Arctic Xpress (NAX) serait construit de façon robuste et durable compte tenu des conditions dans la région de l’Arctique. J’essaierais d’utiliser le plus de matériaux composites possible afin de réduire le poids (fuselage, ailes, empennage, etc.). La forme carrée de l’avion est similaire au modèle Short 360. Il est d’ailleurs conçu pour jouer un rôle de soutien logistique avec ses grandes portes de chaque côté qui peuvent être accessibles par des chariots élévateurs. Le Nunavik serait équipé de deux ou quatre turbopropulseurs Pratt & Whitney PW100 à hélices courbées (Scimitar propellers), fabriquées en matériaux composites.

Le Nunavik est un véhicule à effet de sol de sorte qu’il volerait très près de la surface (toundra,  sol, glace et eau). L’Ekranoplane pour sa part volait à une altitude de 20 pieds au-dessus de l’eau, à une vitesse dépassant parfois les 480 km/h. Le Nunavik pourrait donc voler à la même hauteur, et sa vitesse de pointe serait déterminée par les performances et spécifications exigées par le client (l’objectif actuel est de 300 km/h). Il serait possible d’augmenter la taille du moteur, car les turbines  PW100 couvrent une plage variant de 1 800 hp à 5 000 hp.

Voler à 20 pieds au-dessus du sol à des vitesses dépassant 150 km/h est assez difficile, même pour des pilotes chevronnés. Le Nunavik serait donc conçu pour voler avec un pilote automatique qui utiliserait des radars et des lasers. Les routes de vol/corridors seraient déterminés par les autorités, mais il n’y aurait pas de couverture radar (certainement pas à cette altitude et à ces latitudes). Chaque vol serait une combinaison de vol aux instruments (IFR) et de vol à vue (VFR).

À quoi ça sert?

Je suis conscient que ce concept présente certains inconvénients. Tout d’abord, il serait sans doute difficile de changer de cap rapidement en raison de l’altitude de vol. J’envisagerais également la possibilité de décoller directement d’un plan d’eau, comme le fait un Bombardier CL-415. Les déplacements au sol devront également être révisés dans le cadre du concept. Quoi qu’il en soit,  si ce type d’avion peut transporter deux fois plus de cargaison comparativement aux aéronefs de taille similaire ou utiliser 50 % moins de carburant, l’idée mérite qu’on l’étudie de plus près!

Le dessinateur industriel

Je remercie Robin Ritter, qui a créé les images étonnantes du concept Nunavik Arctic Express. Robin travaille à Stuttgart, en Allemagne. Il a étudié à l’HfG et a été stagiaire chez Porsche et Eurocopter. Robin a également créé les images du concept Antares.