Mobula

Le concept

Le Mobula est un dirigeable volant inspiré de la forme des raies manta et du prototype Festo Air Ray. Le Mobula serait équipé de grandes ailes flexibles et battantes remplies d’hélium. Il serait équipé de capteurs capables de détecter les signatures cardiaques individuelles afin de suivre les populations humaines vivant dans d’immenses forêts comme la forêt nationale de Tongass, les forêts tempérées valdivienne, la forêt du bassin du Congo, et la forêt amazonienne.

Le contexte

Comment pouvons-nous garder un œil sur les populations à risque sans interférer avec elles ou les déranger ? Peut-on observer et surveiller à distance des personnes vivant dans des forêts tropicales épaisses à l’aide de dirigeables ultra-silencieux et volant à basse altitude ? Serait-il possible de créer un  » avion biomimétique  » qui imiterait les mouvements des raies manta de manière à avoir l’air gracieux, mais inoffensif ? C’est la ligne de pensée derrière le Mobula, inspiré par les concepts de Festo et les capteurs de signes vitaux développés par Corowave.

Comment ça marche

Le Mobula volerait tel un drone autonome. Il serait alimenté par une pile à combustible à hydrogène qui fournirait la puissance nécessaire pour contracter les ailes et le propulser vers l’avant. De petites hélices électriques pourraient l’aider à atteindre des vitesses plus élevées. La forme du Mobula pourrait être modifiée, qu’il vole à 5 km/h en battant ses longues ailes ou à 50 km/h pour atteindre sa base plus rapidement. Le Mobula plierait ses ailes pour tourner, gagner ou perdre de l’altitude, et même se propulser vers l’avant à basse vitesse sans utiliser de pistons, d’hydraulique ou de solénoïdes. Il utiliserait des matériaux souples dont certains capable de se courber à l’aide d’un courant électrique. Il utiliserait un algorithme d’apprentissage machine pour optimiser son efficacité en vol.

Les capteurs transportés par le Mobula seraient en mesure de surveiller en permanence les signes vitaux humains en tirant parti de la technologie des radiofréquences, du traitement du signal et de l’apprentissage machine. (Voir Corowave) Il serait capable de détecter, d’identifier et de compter les personnes vivant dans de très petits villages où il n’y a pas de recensement ou de structure de gouvernance moderne.

L’objectif serait de surveiller la santé de chaque personne vivant dans ces villages (ou vivant seule comme un ermite), de reconnaître leur présence et même de détecter la présence d’opérations illégales (braconniers, laboratoires ou déforestation). Le Mobula recueillerait également des données sur la qualité de l’air, les parfums, l’humidité, les rayons UV, etc.

A quoi ça sert ?

Les Mobula pourraient survoler tranquillement les forêts tropicales pendant la nuit pour recueillir des données et les communiquer aux Nations Unies et aux gouvernements locaux. Ils pourraient aider à prévenir les problèmes potentiels et à planifier les ressources humanitaires à l’avance en donnant une image claire de l’évolution des choses sur une certaine période.

Ce type de concept éveillera des inquiétudes au sujet de la protection de la vie privée. A l’avenir, un bon nombre de drone ou d’aéronef seront développés pour surveiller du haut des airs les populations. L’idée de drones volants passifs, silencieux utilisés pour améliorer la sécurité des populations éloignées, protéger l’environnement et réduire les activités illégales mérite d’être entendu. Bien sûr, il y a des questions éthiques, des enjeux techniques et des débats politiques qui doivent suivre leur cours, mais l’objectif primaire est de présenter une vision des choses et d’ouvrir les discussions.

Le designer

Je tiens à remercier Martin Rico d’avoir créé les images du concept Mobula. Martin a étudié le design à l’Université de Buenos Aires et travaille maintenant comme designer industriel pour l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).